Biographie

Graphiste et plasticienne, je vis et travaille à Toulouse. Après avoir suivi des études d’Arts Appliqués, je me consacre à l’enseignement pendant plus d’une dizaine d’années. Je pratique en parallèle le graphisme et la peinture et me déclare finalement comme indépendante en 2010.

Graphiste, mon univers est créatif et novateur. Je crée des logos, cartes de visite, affiches ou graphisme pour les sites web. Quelques projets : La communication pour la télé web Télédebout, teledebout.org, l’association Zéro-une, ou encore le site de l’auto-entrepreneur MCH Peinture.

Plasticienne, je propose des créations qui confrontent le numérique et la matière et jouent sur la tension entre abstrait et figuratif. Mes oeuvres sont engagées et teintées de références aux arts urbains. La thématique principale de mon travail est le territoire normatif. Les normes de genre, de sexualité, et d'enfantement.
Je mets en image les normes et leurs conséquences sur nos "écosystèmes" (système interne de gestion des évènements intérieurs et extérieurs), nos procédures de résilience ou de submersion.
Ma palette fait intervenir le fluorescent, créant des points de tension dans mes compositions. Les artistes qui m’influencent sont aussi bien Jean-Michel Basquiat avec son empreinte graffiti que Marlène Dumas pour ses références à l’ambigu et à l’intime. Pierre Alechinsky pour son intérêt pour la trace calligraphique, Goerg Baselitz pour son oscillation permanente entre figuratif et abstraction, Julie Mehretu pour son travail de ré-interprétation des frontières de la réalité. Le travail des artistes telles Annette Messager, Louise Bourgeois, Shirin Neschat ou Sophie Calles me touche.

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Dernières Expositions

2012 | Un territoire à conquérir

Magali Roumy est une artiste engagée contre les contraintes, les conventions et les normes sociales qui, ouvertement ou insidieusement, nient l'être dans ses différences. Son œuvre questionne les territoires normatifs au regard de ceux évoluant à la marge. Les femmes sont au cœur de sa création.

Avec sensibilité, elle nous révèle comment les tensions, qui tiraillent l'intime dans sa confrontation au monde extérieur, participent à une redéfinition permanente de l'identité de l'individu afin de se libérer de toutes les formes d'oppression dictées par l'imaginaire collectif au nom d'une morale politique, sociale, religieuse ou culturelle. Si nous sommes interpellés par les regards de ses personnages qui reflètent une intériorité complexe et multiple, les corps et la peau sont des frontières entre intérieur et extérieur qui agissent, tour à tour, comme un carcan qui emprisonne ou comme un espace de revendication. Elle invite aussi, avec force, les femmes à conquérir des territoires. Dans ses dernières œuvres, il s'agit du territoire urbain mais comment ne pas penser à une métaphore des territoires géographiques et symboliques où, partout dans le monde, les femmes restent encore exclues?

Ses oeuvres sont teintées de références aux arts urbains et jouent sur une tension entre abstrait et figuratif. La peinture, le dessin, la photographie des empreintes laissées dans l'espace urbain, constituent la matière qu'elle confronte au numérique. Elle procède par collage, superposition et métissage des techniques pour faire naître des images irréelles où les couleurs parfois saturées, la ligne des formes et les mots invitent à la polysémie.

L'artiste agit comme un révélateur. Selon Bergson, sa « fonction est justement de voir et de nous faire voir ce que nous n'apercevons naturellement ».

Texte écrit par Sophie Laverny

  • Pays de Sauzet, exposition annuelle, Sauzet. 9 - 26 juillet.
  • Studio Profil, Toulouse. 26 avril - 26 juin.
  • ÔBohem, bar culturel, Toulouse. 6 mars - 6 avril.

2011 | Par-être

Les corps
Le corps est ici une métaphore des contraintes sociales dans lesquelles les femmes sont enfermées. Il y a une confrontation et ou un dialogue entre un corps figuratif qui renvoie à la représentation sociale habituelle des femmes et une représentation symbolique, plus émotionnelle qui s'affranchit des codes plastiques "classiques" plus éculés mais aussi les plus tentants parce que rassurants. Il y a donc là une ambiguïté. Les peaux, révèlent à la fois l'intériorité des personnages et le carcan dans lequel elles sont emprisonnées. La peau devient la prison, dernier rempart du corps avec l'extérieur. Cette peau peut également renvoyer à notre être intrinsèque, qui par son existence même nous rend subversives. Nous sommes subversives parce que femmes, parce que noires, parce que lesbiennes. La peau est le toucher, l'intimité avec le tableau.

Le territoire
L'espace de la toile indique l'espace de liberté et l'espace de contrainte. Les personnages sont parfois contrits dans des espaces clos et dont ils ne peuvent pas sortir. D'autres sont envahies par les représentations symboliques qui les questionnent et contestent la domination intériorisée qu'elles subissent.

Le silence
Il est ici grandement question de silence, de mensonge, de paraître. Visuellement, les personnages sont enfermées, soit dans des bulles, ce qui les immobilisent, soit par le recouvrement, ce qui les réduit au silence, soit par la disparition de l'émotion dans le traitement des visages qui deviennent impénétrables et renvoient à une neutralité malhonnête. Neutralité qui s'applique aussi au genre de certaines figures dont il est impossible de déterminer l'assignation. CHACUNE DES PERSONNAGES est confrontée à la violence du silence auquel ELLES se contraignent. Ce silence les disloquent progressivement et les rendent «fugitives» à leur quotidien et «fugitives» aux relations.

La tension
La tension est palpable par l'opposition graphique des représentations, par le silence assourdissant des certaines des personnages, par le cri des figures symboliques plus abstraites. Elles seules s'expriment. Elles s'expriment pour celles qui se contraignent au silence, pour elles mêmes, elles seules communiquent avec le spectateur. Il y a dans les tableaux une prise de conscience de l'impossibilité de vivre dans ces modalités. Il y a plus que jamais la dénonciation de la difficulté d'être de la «minorité», de l'oppression normative, d'identités fracturées parce que ex-centrées.

Oppression et libération
L'oppresseur n'est pas directement présent. Il n'est présent que par le silence que s'imposent les personnages, dans l'intériorisation de l'oppression qu'elle subissent. Il n'existe donc pas directement dans les toiles et cela ouvre une fenêtre vers la liberté. Cela sous-entend que «la dominée» est maître de la façon de se considérer et de briser les chaînes de son destin social, cela la gratifie d'un choix de s'extraire du joug de l'oppresseur. L'œuvre nous interpelle sur l'oppresseur tout en voulant le réduire à l'invisibilité.

Texte écrit par Magali Roumy

  • Folles Saisons, café culturel, Toulouse. 1er - 29 avril.

2010 | Mise en abîme.

  • Elles@Belleville, exposition collective, Paris. 22 octobre - 03 décembre.